14 janvier 2008
Chaude, mais pas queue…
Dans le cadre quotidien de mon activité professionnelle j’ai malheureusement peu l’occasion de recevoir de charmantes créatures et les opportunités de profiter d’une compagnie féminine agréable sont rares. Je vais malgré tout vous faire partager les quasi-aventures extra conjugales de notre secrétaire. Anne-Marie approche les cinquante cinq ans. Elle n’est ni jolie, ni moche. Elle est quelconque. Ses tenues, classiques à l’extrême, tristes même, laissent malgré tout deviner des seins opulents. Son corps, quelques années auparavant, a du être désirable. D’une façon générale Anne-Marie me laisse assez indifférent. Et pour vous planter le décor, je suis bien obligé de vous informer que son QI doit avoisiner… allez… celui d’une demie douzaine d’huîtres en réunion. J’y vais franchement car vous ne connaîtrez jamais Anne-Marie. Et puis je n’ai à son égard aucune animosité. Je l’aime bien même, mais avoir avec elle une conversation un minimum relevée, ne serait-ce que sur la météo du moment, est en soit une idée totalement improbable. Rien ne rayonne d’elle, aucune culture, aucune fantaisie, aucun esprit ; un univers assez étriqué, mais facile. Elle compense par une certaine joie de vivre, une insouciance du quotidien, un présent et un futur déjà assurés.
Ses yeux cependant deviennent pétillants dès que des sujets grivois sont abordés. Et quatre garçons lui faisant régulièrement face, ça ne sont pas les occasions qui manquent, ou plus précisément qui nous ont manqué. Car depuis l’arrivé en masse dans la boite d’une concurrence féminine bien plus relevée les blagues grivoises et autres sous-entendus typiquement masculins se sont faits rares. Dans ces moments de relâchement, le plus délicat était alors de nous éviter les sempiternelles blagues d’Anne-Marie, un humour digne des plus grands sommets du Colaro Show, juste avant la playmate du vendredi soir, ou du samedi. Je ne sais plus, j’étais gamin.
Anne-Marie aime le sexe, faire l’amour. Bien qu’elle n’en dise rien ça transparaît tellement lorsque le sujet est abordé que la chose est chez elle une évidence. Elle aime ça ! Il suffit que l’un d’entre nous lance le sujet, et très rapidement nous savons quand, où et comment elle s’est envoyée en l’air pour la dernière fois. Le pire c’est que je me demande si elle est réellement consciente de s’exhiber ainsi. Par exemple je peux vous dire qu’elle est du matin et qu’elle affiche, en matière de fellation, quelques sérieuses prétentions. Ses sous entendus sont tellement peu sous entendus… C’était certes très facile pour nous de la lancer sur le sujet. Et nous nous y sommes essayés plusieurs fois, avec succès, la laissant se découvrir pendant que nous nous jetions quelques regards entendus et amusés. Anne-Marie finissait toujours ses confidences en nous lançant, toute gaillarde : «vous savez, avant vous, j’ai travaillé dans un société de transport routier… alors les ambiances masculines j’ai l’habitude !». Elle en avait l’habitude, mais visiblement jusqu’à un certain point seulement. Il y a quelques mois, un de nos collaborateurs, s’est entiché d’Anne-Marie. Il est même allé jusqu’à lui faire quelques propositions très directes. Peut-être s’est-il mis à penser qu’il serait aussi facile de coucher avec, que de la faire se raconter. En tout cas, voilà qui a introduit dans cet univers pas si désolant que je vous le dépeins une folie passagère bienvenue.
Oliver passe et repasse devant la banque d'Anne-Marie jusqu’au jour où il lui déclare sa flamme. Et là, curieusement, Anne-Marie panique, lui annonce qu’elle est mariée, que patati et patata… Je ne sais plus au juste. Elle panique tellement qu’elle s’en ouvre au boss. Je la revois encore se plaindre, tirant maladroitement sur les bords de sa jupe trop ajustée, avec, face à elle, son supérieur, totalement ahuri. C’était tellement ridicule comme situation… J’en ai vraiment beaucoup rigolé. Et rassurez vous, nous étions loin, très loin du harcèlement ou de quoi que ce soit d’autre dans le genre. Curieusement Anne-Marie a très mal pris ces propositions. Bon, il faut dire qu’Oliver… Il suffisait pourtant de lui expliquer calmement que non. Eh bien non. Et pour que les choses soient bien claires pour tout le monde Anne-Marie s’est même consciencieusement répandue auprès de l’ensemble du personnel qui a eut droit à tous les détails gentiment grivois de l’affaire. Anne-Marie est chaude mais pas queue !
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